A la période protohistorique, il y a moins de quatre milliers d’années, les hommes, maintenant plus nombreux dans notre secteur, ont appris à travailler le bronze et ceci a révolutionné la fabrication des armes, des outils et des bijoux. Les archéologues ont recueilli de nombreux objets dans le secteur de Delme et dans toute la région.

8Au VIIIe siècle avant notre ère, les peuples maîtrisant la métallurgie du fer se sont imposés partout. Ce fut le temps des princes celtes qui régnèrent alors en maîtres sur tout le pays grâce à la force et la supériorité de leurs armes.
Ces chefs celtes se faisaient inhumer dans des « tombes à char » sous de grands tumuli. Ceux-ci sont plus ou moins bien préservés selon qu’ils se trouvent sous couvert forestier ou non. Ceux de la forêt de Serres à Viviers sont connus depuis longtemps mais la plupart des nombreuses nécropoles n’ont pas encore livré tous leurs mystères !
Plusieurs sites naturellement défensifs ont été fortifiés dans notre secteur et le « camp de Tincry » sur le « Mont » en est l’exemple le plus probant.
Une équipe d’archéologues menée par un enseignant-chercheur de l’université de Bristol poursuit actuellement, chaque été, des fouilles sur le site.
Ce « hillfort », sorte de camp de refuge sur une colline fortifiée, remonterait à cette période du premier âge du fer (Hallstatt). Le lien entre cet oppidum et le tumulus princier, précédemment évoqué et relativement proche, reste cependant encore à démontrer !

La vallée de la Seille, grâce à ses nombreuses sources salées, devint bientôt le siège d’une activité intense. Une population active et laborieuse s’installa peu à peu dans cette vallée pour en « extraire le sel de la terre ».


Vers le VIe siècle avant notre ère, l'exploitation jusqu'alors artisanale connut un premier essor avec une production annuelle de plusieurs milliers de tonnes.
Le principe d’obtention du sel consistait à recueillir l’eau salée, à concentrer la saumure par évaporation sous l’action du feu afin de récupérer les précieux pains de sel.
Cela nécessitait en fait plusieurs étapes et tout un savoir-faire que seule une visite du Musée départemental du Sel de Marsal permet de bien appréhender !10

A partir du 2e âge du fer (la Tène), à peine quelques siècles avant la conquête romaine, la tribu gauloise qui occupait alors notre territoire était celle des Médiomatriques.
Leur capitale, Divodurum, se trouvait sur l’oppidum qui domine le confluent de notre Seille avec la Moselle.
Ce lieu correspond, de nos jours, au quartier des Hauts de Sainte-Croix à Metz. La tribu des Trévires occupait, plus au Nord, la basse vallée de la Moselle, et celle des Leuques s’était établie, plus au
Sud et à l’Ouest, dans la partie entre les Vosges et l’Argonne.

11Un siècle avant la conquête romaine, l'exploitation du sel prit une dimension véritablement industrielle. La production se chiffra alors en dizaines de milliers de tonnes ce qui est tout à fait considérable pour l'époque !
Plusieurs milliers d’hommes s'affairaient alors dans la vallée. Au coeur de notre Saulnois actuel, on a trouvé, surtout dans les labours, de nombreux « potins »: pièces de monnaies gauloises, généralement ornées de figurines animales ou humaines, caractéristiques de cette civilisation. Ces représentations peuvent être qualifiées de frustes ou, au contraire, d’artistiquement stylisées selon le regard que l’on y prête.
Le fameux « briquetage de la vallée de la Seille » avec plus de trois millions de mètres-cubes, soit bien davantage que le volume de la plus grande pyramide d’Egypte, constitue ainsi le plus important vestige archéologique de cette époque en Europe !
Il faut dire que cette industrie salicole primitive va perdurer jusqu’à l’aube de notre ère.
Après un premier tri des archéologues de terrain, ces débris protohistoriques s’amoncellent au cours des fouilles en bordure de la Seille comme ici lors de la campagne de l’été 2010 .

 Ces fameuses « briquettes », restes de fours et de poteries de ces temps anciens, demeurèrent longtemps énigmatiques. Elles firent notamment l’objet d’un rapport à Louis XIV de la part d’un ingénieur du roi qui avait été dépêché sur les lieux au moment de la « restructuration » de la place forte de Marsal.
On pensait alors que ces innombrables fragments de terre cuite que l’on peut découvrir au Musée local étaient l’oeuvre des Romains pour assécher les marais afin d’y établir leurs routes et asseoir les maisons des sauniers dans la vallée. Il faut dire que l’épaisseur du « gisement » est de plusieurs mètres au niveau de Marsal, Moyenvic, Vic, Salonnes et Burthécourt ! Il faudra attendre des temps relativement récents pour percer leur mystère.
Tous ces boudins et tessons d’argile résultent, à coup sûr, de la fabrication et du conditionnement du sel aux époques celtique et gauloise. Mais pour ce qui est de la connaissance précise de la technique employée alors, il faudra probablement attendre la fin des recherches archéologiques menées actuellement chaque été dans la vallée de la Seille.
Ces chantiers de fouilles sont dirigés par Laurent Olivier, conservateur du département des âges du fer au Musée des antiquités nationales de St-Germain-en-Laye.

Le sol que foulaient ces premiers saulniers était inférieur de près de 5 m à celui d'aujourd'hui car l’exploitation par le feu était très dévoreuse de bois ce qui entraîna une déforestation puis une érosion des bassins-versants et finalement un fort envasement de la vallée encombrée par des îlots de briquetage. Il faut dire que l’exploitation des salines accentua le phénomène au cours des siècles suivants et ceci jusqu’au XIXe siècle et l’arrivée du charbon !

 

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